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Pourquoi les familles ont des conflits ?

 

 

 

Pourquoi les familles ont des conflits ?

 

On n’a sans doute pas besoin de consulter un dictionnaire pour découvrir ce que le mot « conflits » signifie. On le sait parce qu’on l’a vécu souvent dans plusieurs de ses relations. Dans ses fonctions de patron ou d’employé, d’enseignant ou d’étudiant, de client ou de vendeur, d’ami, de conjoint et certainement comme parent ou enfant, les conflits semblent inévitables.

 

On en est éventuellement venu à considérer une certaine dose de conflit dans sa vie comme normale et l’on a appris à les traiter de façons efficaces. C’est probablement la règle générale dans les familles où la vie quotidienne commune produit régulièrement dans désaccords légers et des disputes qui sont habituellement vite résolus et oubliés. Malheureusement, des conflits plus sérieux peuvent aussi se produire (des querelles qui produisent de la rancœur, des harcèlements qui viennent sans cesse, des éloignements qui produisent de la tension et de l’aliénation) et rendre la vie de famille presque insupportable à certains moments.

Dans un monde utopique, le conflit n’existerait pas, mais en réalité il existe et existera aussi longtemps que les gens vivront et travailleront ensemble. Ainsi, le but des formations Gordon n’est pas d’éliminer les conflits entre parents et enfants bien qu’on vise à la réduire. L’objectif est plutôt d’enseigner aux familles les techniques nécessaires pour traiter et résoudre les conflits d’une façon saine, constructive et coopérative.

 

Distinguer les besoins et solutions

 

On définit souvent un conflit comme « des gens qui se battent les uns contre les autres ». Dans une famille, cette définition suggère que le parent essaie d’empêcher l’enfant d’obtenir ce qu’il veut et l’enfant fait des efforts pour empêcher le parent d’obtenir ce qu’il veut. Tout aussi étonnant que cela puisse paraître, ce n’est pratiquement jamais vraiment le cas !  La plupart des conflits entre parent et enfant sont des conflits de solutions plutôt que des conflits de besoins. En fait, les parents et les enfants ont essentiellement les mêmes besoins humains fondamentaux. Les conflits proviennent de la façon employée par le parent ou l’enfant pour satisfaire certains besoins personnels importants.

Par exemple, Éric et son père ont tous les deux un besoin de nourriture et d’amitié, il n’y a pas de conflit de besoins d’inviter trois de ses amis dans la cuisine pour faire des tartines beurrées avec leurs doigts, Éric et son père auront sûrement un conflit de solutions !

Alors souvent, le parent et l’enfant entrent en conflit parce que chacun ne parvient pas à communiquer à l’autre ses besoins sous-jacents. Chacun adopte plutôt une façon d’agir (la solution) pour satisfaire un besoin tout à fait légitime.  Et ces solutions incompatibles créent alors le conflit.

 

Le dialogue suivant, illustre ce qui se produit lorsqu’on communique des solutions plutôt que des besoins :

 

Le parent : Clara, ne serait-ce pas ma clé de voiture que je vois dans ta main ?

Clara (18 ans) : Oui, j’ai besoin de la voiture ce soir, je dois aller chercher des livres et d’autres trucs chez Etienne.

Le parent : Un instant ! J’ai besoin de la voiture, je dois m’en servir ce soir.

Clara : Eh bien, moi aussi. Je dois aller chercher ces livres ce soir. 

Le parent : Dommage, mais il est un peu tard pour me dire que tu as besoin de la voiture.

Clara : Mais voyons ! Je dois avoir la voiture !

Le parent : Pas question ! Je dois aller chercher grand-mère et grand-père à l’aéroport dans une demi-heure.

Clara : Ah ! Laisse tomber !!!

(Le parent prend la voiture ; Clara boude dans sa chambre et refuse d’étudier quoi que ce soit.)

 

Etait-ce un conflit de besoins ? Pas vraiment. Si le parent avait su que Clara voulait étudier pour un examen important qui a lieu le lendemain matin, il aurait probablement trouvé ce besoin acceptable. Et Clara voulait sûrement voir ses grands-parents. Mais, ce que l’un et l’autre ont communiqué, ce sont plutôt leurs solutions préconçues et incompatible : « J’ai besoin de la voiture ».

Le parent aurait alors pu écouter et comprendre le vif besoin de Clara de réussir son examen (même aller chercher ses livres était en fait seulement une solution !). De même le parent aurait pu communiquer clairement son besoin sous-jacent qui est d’aller chercher les grands-parents- à l’aéroport. (Que le parent aille les chercher, n’était en fait qu’une solution possible).

Une fois les véritables besoins communiqués entre le parent et Clara, une attitude d’acceptation mutuelle et de collaboration remplace une attitude d’inacceptation de solutions incompatibles. On vient ainsi de créer l’occasion et le climat pour résoudre le problème.

 

Gagner ou perdre

 

Nous résolvons et abordons les conflits et les problèmes en nous appuyant sur ce que nous avons appris dans nos interactions avec nos propres parents, professeurs, amis, responsables, collègues…

Nous faisons de notre mieux avec les outils qui nous ont été données. Beaucoup de parents craignent de se laisser déborder et de subir les demandes de leurs enfants (Dominique prend la voiture). Pour d’autres parents, la crainte est de devenir trop sévère et dictatorial (Victor boude toute la soirée et rate son examen). Ces deux craintes viennent de notre façon de penser en terme gagnant-perdant, qui est ancrée dans notre société, dans notre travail et dans notre vie.

Cette façon de penser implique 2 routes principales pour résoudre les problèmes : le parent gagne et l’enfant perd (Méthode 1) ou le parent perd et l’enfant gagne (Méthode 2). La méthode Gordon propose une alternative à ces méthodes gagnant-perdant. Mais on ne doit pas seulement reconnaître et accepter le besoin de l’un et de l’autre. Le parent et l’enfant ont à rechercher ensemble une solution mutuellement acceptable qui permettra de résoudre leur conflit. C’est l’idée centrale des formations Gordon de Niveau I : les parents ont le droit de satisfaire leurs besoins et les enfants aussi. Les deux ont intérêt à gagner, car personne n’aime perdre. Et la façon d’y parvenir est étonnamment simple. Le parent et l’enfant ont à s’engager à rechercher ensemble une solution jusqu’à ce qu’ils en trouvent une qui satisfait à la fois les besoins importants de l’un et de l’autre, qui résout le conflit et préserve la relation.

Apprendre à résoudre les conflits efficacement, c’est-à-dire d’une façon qui consolide la relation parent-enfant, peut en fait transformer la plupart des conflits en évènements positifs dans une famille. Le conflit devient alors une occasion pour le parent et l’enfant de mieux se connaître l’un l’autre et d’apprendre un procédé pour résoudre efficacement les problèmes.

 

Rechercher ensemble une solution acceptable pour les deux demande moins de temps et d’énergie qu’une énième disputes !